2006-Suite

"Le véritable voyage n'est pas d'aller vers d'autres paysages, mais d'avoir d'autres yeux"  (Marcel Proust).

Si c'est en janvier 2006 que j'ai "mis le paquet" pour réaliser sur place (à l'hôtel Feon'ny Ala), puis finaliser à la maison la brochure "OLATRA - Champignons d'Andasibe", c'est en novembre que j'ai pu en porter un grand nombre d'exemplaires destinés à la boutique de l'association Mitsinjo, en même temps qu'une douzaine de loupes et un ordinateur portable IBM Thinkpad.

Loupes pour les guides de Mitsinjo Ordinateur IBM portable pour Mitsinjo

En forêt avec Christin et BakoEn forêt avec Christin et Jeannot

 

 

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Tô n'étant pas libre fin novembre pour mon 4ème voyage à Mada, je fais mes premières armes pour me débrouiller avec les taxis-brousse, avec l'aide de Michel son frère et de Ndretsa, le fils de Nary et Héry, qui deviendront des amis (voir l'onglet "Ecoles" dans les "Infos pratiques"). C'est vraiment l'aventure: à Moramanga, sous une pluie battante (le marché local est inondé), il faut, comme d'habitude, attendre plus d'une demi-heure avant le départ, car le véhicule ne part que quand toutes les places sont vendues! Quand on est au complet, c'est-à-dire à plus de 20 dans une camionnette prévue pour une douzaine de passagers, sans compter les bagages (le toit est full) et des poussins qui vont piailler tout le trajet (ils sont peut-être morts de trouille!), il reste à mettre de l'huile dans le moteur, à acheter 10 litres de gasoil, et le vieux moteur ronfle enfin... avec l'aide de plusieurs volontaires qui font aller le véhicule d'avant en arrière pour le démarrer. On met 75 min. pour faire les 27 km jusque Andasibe où on arrive à la nuit tombante: avons-nous des phares ? Question oiseuse pour un Mercédès qui a sans doute une cinquantaine d'années de vol : indescriptible !

Christin me prête un vélo et c'est plus facile de rallier Mitsinjo et d'aller faire un tour au village proprement dit d'Andasibe, situé à 4 km du carrefour avec la RN2: j'y rencontre, à la gare qui va être réhabilitée pour des trains de marchandises, Adolphe, vigile de Madatrain.La gare d'Andasibe Adolphe, vigile de Madatrain

Ou alors, une balade vers Brickaville... jusqu'au moment où la nationale grimpe à l'assaut des collines. Au Feon'ny Ala, les ouvriers, au courant de ma passion pour eux, m'apportent régulièrement des champignons.

En balade vélo sur la R2Les ouvriers du Feon'ny Ala avec un Lepista

L'intérêt des voyages, c'est aussi la rencontre avec d'autres, des Malgaches mais également des vazaha : Mariette et Alain F. sont aussi des amoureux de Mada et souhaitent y trouver un pied à terre. Nous aurons l'occasion de revoir Alain en 2008, et de l'accueillir à Mahambo dans ma maison récemment acquise; nous sommes restés en contact, ce qui n'est pas si fréquent avec les rencontres, souvent fugaces, de vacances à l'étranger.

Avec Mariette et Alain au Feon'ny Ala

Christin s'émerveille de plus en plus de nos trouvailles fongiques, de tout ce qu'on peut voir à la loupe: ses remarques sont pertinentes et il est infatigable ! Le soir, au bord de l'étang du Feon'ny Ala, dans un calme qui prête à la méditation, la lune nous surplombe entre chien et loup, ambiance magique ! Un souvenir joyeux: le rire de Christin dans la forêt - où règne un profond silence qui n'est troublé que par le chant des oiseaux, les cris de indris et le coassement des grenouilles - quand je lui raconte, à propos d'un entolome couleur ardoise, comment je fais pour en voir d'autres ou trouver des petites espèces très discrètes: il faut faire pipi, ce qui oblige à rester sur place et à bien regarder tout autour de soi ! Cette "technique de recherche", encore plus efficace pour les femmes (!), l'a mis en gaieté...

Après quelques jours de mycologie, j'ai envie de rejoindre la côte est. Au carrefour de la RN2, j'ai à peine soulevé ma petite pancarte "Tamatave" qu'un gros camion s'arrête: Kin, chauffeur-routier habitant Moramanga, fait la navette entre Tana et Tamatave, avec son semi-remorque Renault orangé. Nous serons arrêtés 4 fois par la police, mais sans problème (en cas d'interrogatoire, je devais dire que j'étais le cousin du patron!). On mettra 6h30' - c'est dans les descentes en lacets qu'il faut aller le plus lentement! -  pour faire les 220 km jusque Tamatave, petits arrêts compris: achat de litchis, d'Eau Vive, de charbon de bois. Kin me déposera  tout près de l'hôtel Joffre, où je retrouve Tô. La route jusque Foulpointe est pleine de trous, et on s'arrête pour dormir au Manda Beach Hôtel. Il fait très chaud, mais il y a une piscine dont l'eau, à 9h du soir, est chaude comme celle d'une baignoire. Le lendemain, journée de repos. Les Malgaches, en ce 3 décembre, votent pour le Président de la République (Marc Ravalomana sera réélu avec un beau score): je peux faire de nombreuses photos dans le bureau de vote; rencontre avec Jenny (page précédente), la petite vendeuse de colliers, et retrouvailles avec Malala, serveuse à l'hôtel.

La piscine du Manda Beach HotelElection à Foulpointe: a voté (encre sur le doigt)

 

Le lendemain, nous sommes à La Pirogue à Mahambo: grand moment que celui de revoir Bernard, Fara et Faly et leur nièce Lydia, le personnel de l'hôtel, mais surtout Jeanne et Stéphanie: tout va bien.

Fara et Faly à La PirogueJeanne et Stéphanie à La Pirogue

 

A Sahamalany, la récolte des litchis bat son plein (voir page précédente): mon chauffeur m'ayant laissé seul pour aller téléphoner "où il y a du réseau", j'ai la chance et la malchance - je vais m'en expliquer - de profiter des talents de traducteur d'un jeune transporteur en panne au bord de la route. Grâce à lui, je peux amadouer les villageois et partir avec eux à la recherche de quelques champignons; on m'offre même des litchis et on fait une photo de groupe au pied d'un arbre énorme chargé de fruits.

Les litchis de Sahamalany en 2006 Avec Neny en 4ème de couverture de Olatra

Au moment où Tô revient avec la voiture, je peux offrir des vêtements apportés pour le village, mais je commets la "maladresse" d'offrir un T-shirt du paquet au jeune chauffeur qui m'a rendu un vaillant service. Ce qui met en colère les gens du village, qui me plantent là... A ce moment, Neny rentre de l'école et je peux lui offrir la brochure où elle est en vedette au verso. Il me faudra du temps pour comprendre la rivalité qui existe entre les gens de la côte et ceux de Tana, et l'affront qu'ils ont ressenti alors que je ne me suis senti nullement coupable. Allais-je renoncer à revenir au village ? Non, comme vous le lirez en 2007.

Au revoir, Stéphanie ! La fin de ce 4ème séjour me voit repasser à Andasibe pour une dernière journée avec les guides de Mitsinjo; le travail de compte rendu des récoltes et des photos de champignons est bouclé au bungalow 106, et une dernière photo-souvenir est prise devant les locaux de l'association. A Tana, le dernier jour du voyage est consacré aux achats ultimes, à la messe du Père Pedro (c'est comme une drogue!) et à un repas convivial chez Héry et Nary, avec leurs enfants Ndretsa et Fano.

A bientôt, Stéphanie !

Travail au Feon'ny Ala Avec le groupe des guides de Mitsinjo
Souper chez Héry et Nary à Tana Des photos pour mes amis Malgaches