Lundi 10 mai

Arrivée à Antananarivo (Tana)

Notre arrivée fut assez relax : nous avions retenu, avant le départ, un chauffeur de taxi sympa que nous avait renseigné Sabine : Mr Anselme. Pas de problème à l'achat du visa, ni au contrôle des passeports ni à la douane, et Mr Anselme, qui nous attendait avec une petite pancarte, nous a indiqué le bureau de change le plus intéressant de l'aéroport.

Le premier trajet en voiture-taxi, de l’aéroport au centre-ville, était déjà décoiffant, à l’heure où les enfants partent à l’école, souvent pieds nus, même s’ils portent parfois des petits costumes, et en tout cas le tablier de nylon obligatoire (car exigé par les assurances des écoles) ; la vie grouille sur les trottoirs, au milieu d’une circulation très dense et particulièrement polluante. Banlieue pauvre et petites échoppes : l’oeil est sollicité à tout moment. Il faut plus d’une heure pour rejoindre le centre de la ville, à moins de 20 km de l’aéroport.

Tô, notre chauffeur

A l’hôtel Sakamanga (tél. 00.261.20.2235809), renseigné aussi par Sabine, nous étions attendus, ayant réservé pour les deux premières nuits et confirmé par e-mail ( Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ). Mr Anselme nous présente alors son neveu Tô ( Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. pour lui écrire) qui nous véhiculera à sa place, étant donné la vétusté de son véhicule Renault 19. Nous établissons ensemble la « feuille de route » et le contrat (300.000 Fmg par jour = +/- 30 euros ce jour-là) pour un voyage de 12 jours vers le sud, départ prévu mercredi 12 tôt le matin. Comme le soleil se lève vers 6h et se couche vers 18h, il faut profiter au maximum de la lumière du jour.

Il faut payer d’avance 70 % de la somme demandée : nous changeons donc une forte somme (800 euros) en liquide, avec Mme X. qui accepte de nous donner 11.000 Fmg pour un euro. L'argent liquide est le seul moyen facile de paiement ici : nous n’utiliserons qu’un chèque français pour l’hôtel, dont le patron a un compte à la Réunion (France), et la carte Mastercard au retour pour le paiement à Air Madagascar d’une taxe pour 3kg de surpoids... Pour la première fois, nous devrons faire tout le voyage avec tout notre argent sur nous ! Ce qui n’est pas peu dire : il faut de la place pour mettre tout cela, car le premier billet (100 Ar. = 500 Fmg) ne vaut que 5 cts d'euro et le plus gros (10.000 ariary = 50.000 Fmg) moins de 5 euros. Cliquez ici pour avoir plus d'infos sur l'argent à Madagascar.

Nous utilisons cette première journée pour explorer la ville à pied, notamment le marché Analakely qui se trouve entre de typiques collines constitutives de la ville. On y accède, depuis la place de l’Indépendance, par un immense escalier envahi par les petits vendeurs et artisans en tous genres : nous y achèterons notamment, fabriqués « sur mesure » une paire de lunettes correctives et un cachet personnalisé avec un motif de champignon créé exclusivement pour Paul.

Il faut reconnaître qu’une des difficultés de la promenade pédestre à Tana est que les «vazaha» (étrangers, blancs, supposés riches) que nous sommes sont soumis à une pression terrible de la part des innombrables vendeuses de cartes postales, d’épices, etc. et aussi de mendiantes, souvent avec un petit enfant sur le dos, réclamant « du petit lait pour le bébé», et qui ne nous lâchent pas d’une semelle sur de longues distances. Pleins de bonne volonté, nous avons consulté une pharmacienne, qui a levé les yeux au ciel et nous a conseillé d’aller acheter quelques biscuits au supermarché Shoprite  (au coin de la large avenue de l’Indépendance).

Analakely Mendicité à Tana

Les bébés exhibés pour apitoyer l’étranger semblent parfois en pleine santé, rieurs même, et se mettent vite sur leurs jambes en sautant par terre pour tendre eux-mêmes la main quand il s’agit d’obtenir des bonbons ! Néanmoins, tout cela est signe d’une grande misère - le pays est un des plus pauvres du monde - et cela saute aux yeux dès les premiers contacts. Cette particularité restera une grande difficulté psychologique et même physique pour nous tout au long du voyage, surtout à Tana.Place de l'Indépendance

 

Entrant dans « la » librairie renseignée par les guides de voyage, nous constatons que les livres sont rangés dans les étagères, non pas sur la tranche, mais sur la couverture arrière ! Il est impossible de trouver un seul livre sur les champignons, ni même sur la botanique que nous allons découvrir (arbres, fleurs, etc.). Au marché des « bouquinistes », rien non plus, malgré l’obligeance des vendeurs qui sillonnent pour nous les échoppes à la recherche d’un ouvrage qui pourrait nous servir pendant notre voyage... A côté de cela, l’hôtel Sakamanga représente un havre d’occidentalisme. Essentiellement fréquenté par des étrangers, surtout des Français, on y goûte une très bonne cuisine, avec notamment des préparations de canard - dont du foie gras pour notre premier repas ! – et l’excellent steak de zébu, qui restera un must tout au long du voyage...

Quant aux chambres, elles sont sympathiques, propres et bien décorées, comme tout l’hôtel d’ailleurs, qui a beaucoup de charme. Notamment grâce à un patio à l’arrière, où on peut prendre un « ti’punch » en jouant à divers jeux de société, ou en regardant le « Seigneur des anneaux » sur grand écran.

Cyber-café

Dans ce pays, manifestement certaines étapes du développement ont été « sautées ». L’électricité est faiblarde, l’eau courante pas potable, les communications téléphoniques aléatoires mais, par contre, internet fonctionne parfaitement dans les cyber-cafés présents dans toutes les grandes villes (quelle chance pour communiquer avec la famille, ici à Antsirabe) et les riches Malgaches circulent dans de puissants 4 x 4 et se promènent le GSM à la main comme chez nous ; il n’y a pratiquement pas de salles de cinéma, mais les DVD sont présents dans tous les hôtels, et MCM à la TV obsède toutes les jeunettes...